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Parents/Coaching : Attention…

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Comment bien coacher ses enfants ?

La plupart des jeunes joueurs(ses) sont nerveux ou anxieux avant de jouer un match. Certains ont même le cœur qui bat plus vite et se crispent facilement. On peut souvent lire de l’inquiétude dans leurs yeux.
Les jeunes joueurs ne sont pas les seuls à être nerveux avant une compétition, les champions aussi.
Avoir la trouille peut s’exprimer de deux façons : soit négativement, soit positivement.

Les parents peuvent aider leurs enfants à gérer leur peur.

➢ D’abord être conscients de leur propre anxiété ou nervosité. Beaucoup de parents sont anxieux quand ils regardent leur fils ou leur fille jouer. Certains parents devraient se lever et aller faire un tour pour se détendre et reconnaître que leur propre nervosité peut affecter les sentiments de leurs enfants et leurs performances.

➢ Aider leur enfant à comprendre que leur anxiété peut les aider à bien jouer et qu’ils peuvent en tirer un avantage. En comparant les bons et les mauvais matchs, les enfants peuvent prendre conscience et déterminer que ces sensations physiques a priori désagréables, sont là pour les servir.

➢ Se concentrer sur le processus et non sur le résultat. Les enfants ressentent souvent la pression de gagner qui génère souvent une peur négative. Les parents peuvent alors insister sur les points positifs du match même si leur enfant a perdu, par exemple le féliciter sur ses progrès à la volée ou sur sa combativité.

➢ Comprendre ce qui motive votre enfant. Certains jouent au tennis pour faire plaisir à leurs parents qui veulent vivre ou revivre leur propre expérience. Les enfants sont souvent anxieux à l’idée de bien faire pour leur faire plaisir et ne pas les décevoir.

Les enfants sont des enfants !!!

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Les enfants ne sont pas des minis adultes. Leur pouvoir émotionnel est beaucoup plus fragile que le notre. Quand nous plaçons trop d’attente sur les épaules fragiles de nos enfants même avec les meilleures intentions du monde, ils s’approprient nos propres objectifs dans un souci de bien faire et de répondre à nos espérances.

L’échec, la défaite représente alors une blessure psychologique qui ébranle leur confiance et leur estime d’eux-mêmes, car au-delà de la défaite qui est déjà difficile à porter, ils ont failli à nos yeux.

Sans parler parfois, du décalage fréquent entre les objectifs des parents et ceux de leur enfant.

De plus il doit faire face à des distractions  multiples. Il existe deux sortes de distractions : celles d’ordre internes et celles d’ordre externes.

Les distractions internes sont le fait de pensées négatives, de doutes sur leur capacité à bien faire, de ne pas être à la hauteur de ses attentes ou de celles de son coach ou de ses parents. Beaucoup de jeunes joueurs focalisent sur les points perdus au lieu de se concentrer un point après l’autre et d’oublier les mauvais coups. Les jeunes enfants ont du mal à accepter de rater. Ils ne disent presque jamais « bien joué » à leur adversaire. Chaque point perdu les transporte dans une spirale émotionnelle négative que chaque point gagné ne saurait compenser s’ils n’apprennent pas à accepter leurs erreurs.

Notre rôle de parent est important pour les guider émotionnellement.

Les distractions externes sont plus liées à l’environnement : le mauvais temps, l’adversaire, les fautes d’arbitrage, le public et bien entendu les parents ou l’entraîneur.
Nous devons être conscients que la charge émotionnelle présente dans toute compétition, est pour un jeune enfant très lourde à porter. Il y a beaucoup d’informations à gérer et surtout à éliminer pour se concentrer uniquement sur le jeu. Quelques uns y arrivent très bien naturellement mais pour la plupart, c’est panique à bord.

Le plaisir de jouer avant tout

Tout cela s’apprend, à condition d’être conscient de ce que nos enfants attendent de la pratique d’un sport quel qu’il soit, d’être à l’écoute de leurs ressentis et de leurs objectifs et de préserver leur plaisir de jouer.
Car, ne l’oublions surtout pas… Les enfants doivent avant toute chose prendre du plaisir dans ce qu’ils font, sinon tôt ou tard, ils arrêteront. Trop de stress, trop de pression à un âge émotionnel très tendre peut être un vrai désastre.

Chaque enfant est différent et présente une maturité émotionnelle différente. Ne pas en tenir compte est une grave erreur que font beaucoup de parents et d’entraîneurs à leur insu, tout simplement parce qu’ils croient bien faire et que seul le résultat compte.
La confiance, l’estime de soi d’un jeune joueur doit se construire à l’entraînement, au fur et à mesure des matchs perdus ou gagnés, sans pression, avec des objectifs faciles à atteindre.

En se focalisant en permanence sur ce qui est positif dans le jeu et l’attitude de votre enfant, vous l’aiderez à avoir envie de progresser et à relever des défis en s’amusant.

Voltaire disait : « Je ris car c’est bon pour ma santé » et si nous proposions à nos enfants : « Je m’amuse car c’est bon pour mon tennis » ?

Quand j’étais une jeune joueuse de tennis dans un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, mes parents qui n’ont jamais été classé mais qui jouaient tous deux au tennis avec passion, n’avaient aucune idée de ce qu’il fallait faire ou dire avant mes matchs.
Je sentais parfois leur nervosité avant et pendant que je jouais mais il n’y avait aucune pression. L’attitude bienveillante qu’ils affichaient, distillait en moi quelques gouttes de confiance en plus, boostant ma capacité à me croire capable de battre n’importe laquelle de mes adversaires.

Alors comment faire ?

Laissez-le faire.

S’il a envie de parler, laissez-lui la parole. S’il veut se taire, c’est qu’il en a besoin, donc pas de paroles inutiles.
Votre enfant avant un match est déjà en mode « pensée active », donc inutile de rajouter de l’eau à son moulin mental.
Il a simplement le droit de penser à ce qu’il sait faire, à ce qu’il a appris et à avoir confiance en ses propres capacités du jour.
Toutes les bonnes paroles que vous pourriez ajouter ne feront qu’encombrer son esprit et miner sa confiance en lui.
S’il a besoin de bouger avant son match, laissez-le faire. S’il préfère rester assis dans un coin tranquille et silencieux, laissez-le faire.
Chaque enfant doit trouver son style pour rentrer en mode compétition. Moins vous en direz, moins vous serez omniprésent, mieux il se libérera du stress inhérent à toute compétition.
Laissez votre enfant découvrir par lui-même son meilleur mode opératoire et vous serez surpris au fil des matchs de sa maturité grandissante.
La victoire ou la défaite sont toujours au bout du chemin mais c’est le chemin parcouru, c’est le voyage qui est intéressant et qui fait que l’on devient parfois un champion.

 

A propos de Brigitte Simon

Joueuse de tennis professionnelle dans les années 80, 36ème joueuse mondiale en 1978, l'année où j'ai atteint les 1/2 finales de Roland Garros, plusieurs fois championne de France et n°1 française, j'aide et j'accompagne les sportifs de tout âge, de tout niveau à réveiller leur potentiel mental pour optimiser leurs performances. Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

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2 Comments

  1. Nicole Urbain Bélair

    23 octobre 2016 at 21 h 28 min

    Wow! merveilleux cet article et tous ces conseils!

  2. Helmi

    3 décembre 2016 at 22 h 20 min

    Bonjour !
    Merciiiii infiniment pour cet article.
    Pourriez-vous m’aider svp : Mon fils de 10 ans joue au tennis en compétition et fait partie des meilleurs de sa catégorie.
    D’après tous les entraîneurs du club, il est très doué et à une bonne main.
    Il se bloque souvent maintenant pendant ses matchs même contre des joueurs très moyens !!!
    Comment dois-je faire pour qu’il retrouve la confiance en lui et pour qu’il arrête de se torturé pendant les matchs ?

    Merci d’avance

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