Sport/Mental

Les blessures ont-elles un sens ?

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La plupart des blessures chez les sportifs arrivent sur un organisme fatigué, affaibli par une surcharge de travail comme pour n’importe quel individu sédentaire qui n’a pas respecté des phases de récupération. Et si une bonne planification des charges de travail et des phases de repos, une alimentation adaptée et équilibrée sont les principes de bases d’une bonne prévention, certaines blessures sont l’expression d’un problème psychologique.

Si les blessures ont un sens, c’est bien inconsciemment. Il n’y a pas de joueurs qui se blessent volontairement. Dans notre psychisme nous avons deux instances : le conscient et l’inconscient qui sont en conflit permanent et dans cette lutte c’est toujours l’inconscient qui finira par vaincre.

Le tennis est particulièrement riche de cas inexplicables ou visiblement les joueurs sont dépassés, pris de court, submergés par des pensées ou des émotions qui les empêchent de gagner ou simplement d’être bien. L’inconscient, c’est la partie profonde de notre psychisme, dont une part est d’origine naturelle, biologique : ce sont nos besoins organiques, nos instincts ; et l’autre part est d’origine acquise : ce sont nos souvenirs, notre vécu, notre éducation, notre apprentissage, nos croyances.

C’est l’équilibre du rapport de force conscient/inconscient qui amène les joueurs à se blesser plutôt qu’à être en situation de pouvoir gagner ou de perdre quelque chose qu’ils ne possèdent pas encore : la victoire. D’où la peur de gagner ou la peur de perdre qui relève souvent d’un même processus.

Nous devons faire taire notre mental et faire confiance à notre subconscient qui lui, sait mieux que quiconque ce qui est bon pour nous car il a mémorisé des dizaines et des dizaines d’informations que nous lui avons donné à force de répétition et d’habitudes ancrées au plus profond de nous.

Il faut apprendre à trouver des solutions entre les conflits, les peurs qui surgissent entre le moi : conscient et le moi inconscient. La peur de mal faire, la peur de ne pas être à la hauteur de l’événement, la peur de ne pas répondre aux attentes de l’environnement… Autant de peurs auxquelles s’exposent les sportifs fréquemment.

un cerveau pour gagner

Accepter et reconnaître ses peurs :

Les peurs sont souvent liées à des croyances protectrices ou limitantes et sont souvent des freins puissants : d’où l’importance d’accepter ses émotions, de les reconnaître pour éviter l’inhibition ou la panique. Si les émotions sont un très bon signal d’alerte général, les signes du corps et notre monologue interne négatif sont aussi des paramètres importants qui permettent de traiter en amont les peurs par une préparation mentale appropriée, liée à des techniques de relaxation et de respiration.

Les signes du corps peuvent être multiples : Agitation, forte tension, palpitations, douleurs vertébrales, raideurs des épaules, poitrine bloquée, mains moites, etc.

Faire porter sur une partie du corps une problématique inconsciente, c’est déplacer la souffrance au niveau corporel pour préserver notre entité, pour se protéger d’un stress dévastateur. Dès que la situation s’améliore, les symptômes disparaissent.

La peur est une émotion ressentie dans la perspective d’un danger. Elle est donc naturelle car elle permet l’utilisation de stratégies pour l’éviter ou au moins la gérer. La peur devant un défi à fort enjeu est donc normale. Elle devient handicapante quand elle se transforme en une perception erronée de la demande, de nos attentes personnelles ou de notre environnement relationnel et notre perception des réponses possibles.

Courage… Fuyons !

Les comportements liés à la peur sont : le blocage, la fuite ou le « faire face ». Dans le cours du match que nous avons vu hier K.Mladenovic a d’abord été bloquée, puis elle a sans doute était tentée d’abandonner, de fuir la réalité et puis nous l’avons vu faire face malgré le score défavorable au début du 3ème set, malgré la douleur. Trois attitudes qu’elle a su sublimer pour s’offrir la victoire et s’offrir le bonheur d’un deuxième tour, chez elle, en France pour notre plus grand plaisir.

 

 

 

A propos de Brigitte Simon

Joueuse de tennis professionnelle dans les années 80, 36ème joueuse mondiale en 1978, l'année où j'ai atteint les 1/2 finales de Roland Garros, plusieurs fois championne de France et n°1 française, j'aide et j'accompagne les sportifs de tout âge, de tout niveau à réveiller leur potentiel mental pour optimiser leurs performances. Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

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