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Comment assumer son nouveau classement ?

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Nouvelle saison… Nouveau classement…

Les premières compétitions d’une nouvelle saison sont toujours anxiogènes surtout quand nous avons à défendre un nouveau statut, un nouveau classement.

Quand j’étais une jeune joueuse de tennis, je suis passée de non classée à 15 en une année. Inutile de vous dire que mes premiers pas en compétition la saison suivante furent plus que fébriles.
J’avais tout simplement peur de ne pas être à le hauteur de ce nouveau classement. Et même si le fait d’avoir brûler quelques étapes était justifié, je n’en menais pas large à l’aube de mes premiers matchs.
A cette époque, nous avions une longue période hivernale sans compétition de novembre à avril au cours de laquelle je m’entraînais une à deux fois par semaine quand le temps le permettait car nous n’avions pas de courts couverts.
Il est toujours difficile, quelque soit son niveau, pour tout sportif, de se situer par rapport à ses performances passées surtout après une aussi longue coupure. La première compétition d’une nouvelle saison est toujours anxiogène.

Elle l’est encore plus chez les enfants qui ont une maturité émotionnelle encore fragile et qui ont donc du mal à gérer toutes ces questions d’avant match qui ne trouveront des réponses que dans son résultat final et son analyse.
C’est pourquoi les parents et les entraineurs détiennent souvent une des clés pour l’abordage de ces premiers matchs.
J’ai eu la chance d’avoir une femme comme entraineur qui planifiait ma saison avec deux objectifs majeurs. Le but étant d’arriver au meilleur de ma forme en juin pour les championnats régionaux et en septembre pour le championnat de France. Toutes les autres compétitions n’avaient d’importance que pour me préparer à ces deux grands rendez-vous.

un cerveau pour gagner
Je dois avouer que cette façon de voir les choses m’a beaucoup aidée tout au long de ma carrière à relativiser quelques mauvais résultats. Le chemin de mes deux objectifs de l’année serait forcément jalonné de victoires et de défaites, de bons et de mauvais matchs. Je le savais au départ.

Vous n’avez pas le monopole du doute :
La deuxième chose importante était de faire du mieux que je le pouvais : ne rien lâcher même quand ça allait très mal. Cela m’a souvent permis de gagner des matchs très mal engagés car dîtes-vous bien une chose, vous n’avez pas le monopole du doute de début de saison : votre adversaire aussi.
Ce qui m’a beaucoup aidée aussi était de me transposer mentalement dans la même optique que l’année d’avant. Cela me permettait de retrouver des sensations positives et un état d’esprit de conquérante. Je ne défendais donc pas mon nouveau classement mais continuais seulement mon chemin de progression avec mes points forts et mes faiblesses même si j’avais progressé.

Soyez mentalement le challenger : faîtes comme si…

J’étais toujours mentalement « la challenger » même quand je jouais une joueuse moins bien classée que moi. Je prenais tous mes matchs au sérieux oubliant mon tout nouveau classement dès que j’entrais sur le court. Il n’y avait plus que moi et mon adversaire sans la moindre idée de contre-performance. Comme si elle avait un meilleur classement que le mien.
Et je jouais un point après l’autre sans penser au résultat ou ses conséquences. Se focaliser sur l’instant présent pour les enfants, est sans doute une des choses les plus difficiles à acquérir. En rentrant sur le terrain, nous voulons tous gagner. Et nous avons peut-être fait, avec nos parents ou notre coach, des plans sur la comète de « dame victoire ».Les espérances d’avant match des uns et des autres pèsent très lourd, trop lourd sur les épaules d’un enfant.

Il faut savoir raison garder : encourager l’enfant à prendre du plaisir et à faire de son mieux avec ses armes du jour, en s’appuyant sur ses points forts et en contournant ses points faibles. Bref, à se débrouiller dans l’adversité avec ou sans panache, fébrilement ou impétueusement, est sans doute la meilleure attitude à afficher pour qu’il ne se sente pas investit d’une mission impossible à gérer émotionnellement.
Nos espérances d’adultes pénalisent la performance des jeunes joueurs.
C’est à eux, et à eux seuls de se donner les moyens de leurs ambitions et d’avoir surtout leur propre self contrôle sur ce qu’ils veulent vraiment. C’est à ce prix qu’ils se construiront une confiance en eux inébranlable et qu’ils acquerront la bonne attitude pour se forger un moral de champion en toute circonstance, que se soit dans la facilité ou dans l’adversité, que ce soit sur un court de tennis ou dans la vie.

Les champions savent que l’humilité est le maître mot de leur expérience. Ils savent qu’il faut remettre cent fois, mille fois, le métier sur l’ouvrage, que le talent sans travail ne suffit pas et que chaque victoire sera remise en jeu le lendemain et que demain tout sera différent.

Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

 

A propos de Brigitte Simon

Joueuse de tennis professionnelle dans les années 80, 36ème joueuse mondiale en 1978, l'année où j'ai atteint les 1/2 finales de Roland Garros, plusieurs fois championne de France et n°1 française, j'aide et j'accompagne les sportifs de tout âge, de tout niveau à réveiller leur potentiel mental pour optimiser leurs performances. Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

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