Sport/Mental

Comment fait-on pour se relâcher ?

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Le relâchement dans la pratique sportive et je dirais même dans la recherche de la performance est une clé essentielle de la réussite.

Le relâchement est au sport ce que l’oxygène est à notre respiration.

A quoi sert le relâchement ?

Le relâchement permet d’augmenter ou de conserver l’efficacité physique. Il permet de retrouver la fluidité nécessaire au geste efficace. Enfin le relâchement musculaire permet de retrouver le plein équilibre émotionnel et énergétique nécessaire à la performance.

Car le véritable défi est d’obtenir un relâchement bienfaiteur tout en maintenant un niveau d’énergie et un état de vigilance adapté.

Combien de fois avez-vous entendu votre entraineur vous dire « relâche-toi » ? Combien de fois vous êtes vous dit vous-même relâche-toi, tu es trop crispé, tu es trop tendu…

Je l’ai moi-même entendu des milliers de fois et je l’ai dit à mes élèves des centaines de fois. Mais plus facile à dire qu’à faire.

Imaginez pouvoir vous relâcher sur demande ? Dès que vous sentez une tension, une crispation, vous déclenchez consciemment le relâchement approprié que ce soit avant ou pendant votre compétition.

Alors comment fait-on pour se relâcher ?

A la fin de cet article je vous donnerais trois exercices simples à réaliser pour déclencher sur demande votre relâchement.

Être relâché avant et pendant l’action quelque soit le sport que nous pratiquons est essentiel pour gagner. Aussi pour accéder à un bon relâchement il faut pouvoir et savoir se relâcher physiquement et psychologiquement car les deux sont liés. Pas de relâchement musculaire possible sans une bonne disponibilité psychologique, sans une bonne gestion du stress et une bonne gestion des émotions. Être relâché, c’est trouver l’harmonie entre le corps et l’esprit. Les adeptes du yoga, du zen et des arts martiaux le savent bien : ils ont acquis une gymnastique interne qui leur permet en conscience d’habiter leur corps.

Pour trouver le bon relâchement, nous devons reprendre contact avec nous-mêmes et prendre la pleine conscience de notre corps. Notre chair, notre respiration, nos organes, nos sens et notre squelette.

Notre mode de vie, notre éducation, notre culture ont fait de nous des « cérébraux » très éloignés du bon fonctionnement de pouvoir se connecter à nous-mêmes corporellement, alors que les adeptes des arts martiaux habitent leur ventre, ce qui leur permet d’avoir un ancrage dans le sol et de se focaliser à leur centre de gravité physique qui est aussi notre centre de gravité énergétique et émotionnel.

C’est l’endroit le plus important du corps humain dans les arts martiaux. C’est le centre à partir duquel toute technique apparaît. En revanche dans notre culture sportive, nous sommes plutôt focalisés dans le haut de notre corps avec trop de pensées, trop d’émotions… D’où notre instabilité et notre crispation.

L’alliance du corps et de l’esprit c’est pouvoir développer la sensation des mouvements de son corps. Et notre corps renseigne en permanence notre cerveau sur l’avancement du mouvement. En fait c’est comme dans un match de tennis. Ce sont des échanges perpétuels entre le corps et l’esprit. Sauf qu’ils ne sont pas adversaires mais partenaires. Et qu’ils ne peuvent pas travailler l’un sans l’autre. Dès que nous subissons un stress, notre corps réagit par le biais de notre cerveau qui décidera soit d’affronter la douleur, soit de l’éviter ou de participer à notre relâchement.

Trois exercices simples et efficaces pour trouver un bon relâchement :

Pour garder la souplesse du corps et de l’esprit, la respiration abdominale est certainement l’exercice le plus approprié et le plus efficace pour relâcher les tensions. Nous avons pris l’habitude de respirer par le thorax, c’est-à-dire par le haut des poumons. Ce cycle respiratoire est associé aux réponses d’alerte de notre corps et entraine celui-ci dans un état de stress continuel. Des sentiments d’anxiété, de tensions et de tristesse y sont souvent associés.

En revanche La respiration par le ventre contrôlée, en pleine conscience est un tranquillisant naturel qui apporte un calme intérieur, une lucidité cérébrale, une présence d’esprit, un sang-froid tous très précieux dans notre quête de relâchement. Conscientiser notre respiration abdominale est la base de notre relâchement. L’influence du souffle quand il est bien maîtrisé contribue à une optimisation technique, une efficacité tactique car nous sommes plus lucides, au développement physique et le dernier avantage et non le moindre une maîtrise mentale et émotionnelle.

Le deuxième exercice est de se concentrer sur son squelette pour une meilleure prise de conscience corporelle car notre squelette fait d’os, une matière dure et stable n’est pas directement impacté par le stress. Nos os sont bien vivants mais ils ne se transforment que très lentement dans une échelle de temps annuelle et non pas en quelques minutes, voir quelques secondes et encore moins quelques. Faites l’expérience à l’entraînement de vous concentrer sur votre colonne vertébrale qui soutient votre tronc, vos bras, votre tête, puis sur vos pieds, vos jambes, votre bassin plutôt que sur votre mouvement et vous serez étonné non seulement de votre mobilité mais aussi de votre fluidité gestuelle. Et surtout n’oubliez pas de respirer.

Le troisième exercice est une relaxation courte, une quinzaine de minutes, une heure avant votre compétition : en vous aidant de la respiration abdominale, fermez les yeux et imaginez votre match, l’échauffement, vos premiers échanges avec votre adversaire, visualisez vos points forts et vos points gagnants et n’oubliez pas de vous voir remporter le match avant d’aller serrer la main de votre adversaire en vainqueur.

On l’a vu dans ces trois exercices, la respiration est une valeur constante et essentielle. Alors entrainez-vous dans votre vie quotidienne à vous focaliser sur votre souffle pour que cela devienne automatique et le déclencheur principal de votre relâchement.

Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

A propos de Brigitte Simon

Joueuse de tennis professionnelle dans les années 80, 36ème joueuse mondiale en 1978, l'année où j'ai atteint les 1/2 finales de Roland Garros, plusieurs fois championne de France et n°1 française, j'aide et j'accompagne les sportifs de tout âge, de tout niveau à réveiller leur potentiel mental pour optimiser leurs performances. Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

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