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Faîtes du mur votre partenaire d’entraînement.

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Faîtes du mur votre partenaire d’entraînement ou d’échauffement.

A l’âge de 9 ans, Bjorn Borg tapait déjà dans une petite balle jaune. borg 1

Au début, Borg avait pour seul complice le mur de son garage, avant que ses parents ne l’inscrivent dans un club de tennis.

Aujourd’hui de grands champions font aussi du mur leur partenaire d’entraînement. Alors… Pourquoi pas vous ?

Regarder cette vidéo d’Andy Murray !

https://www.instagram.com/p/BW8SwnTlp9d/

Quand j’ai appris à jouer au tennis… Non, je devrais dire quand j’ai découvert le tennis, je n’avais qu‘un mur en face de moi. Vous savez, les murs que l’on retrouve parfois dans les vieux clubs de tennis.

C’était au stade Hélitas, à Caen.
Mes parents passaient tous leurs week-end au club chaque fois que le temps le permettait, car évidemment nous étions en Normandie.

Mais que faire quand on a sept ans, à part prendre la bonne vieille raquette de son père qui pèse trois tonnes, deux ou trois vieilles balles, et aller jouer au mur du club pour passer le temps.

J’ai passé tellement d’heures contre ce bon vieux mur que je le tutoyais quand j’arrivais le samedi après-midi. C’était devenu mon meilleur copain.

Nous avons fait des parties mémorables tous les deux et c’est avec nostalgie que je m’en souviens aujourd’hui. Nostalgie, parce que dans la plupart des clubs le mur a été supprimé et quand il y en a un, il est bien souvent déserté ou impraticable car laissé à l’abandon.

Un formidable outil pédagogique !
Plus un seul gamin ne vient tutoyer ce partenaire d’entraînement toujours prêt à vous donner la réplique quelque soit votre niveau. Et c’est dommage !

Demandez aux anciens joueurs ce qu’ils pensent du mur d’entraînement ? La plupart vous diront qu’ils y ont passés des dizaines d’heures et qu’ils ont appris à jouer grâce à lui.

Un peu frustrant le mur parce qu’il renvoie toujours la balle : mal quand vous la frappez mal, mais tellement bien quand vous vous appliquez.
Combien de coups droits, de revers ai-je pu frapper correctement, avant de faire contre lui mes premiers matchs virtuels à une époque où les tournois jeunes n’existaient pas.
Je ne gagnais jamais mais quand je faisais un point contre lui, en respectant les règles que j’avais moi-même établies, je revenais au club house avec la fierté d’avoir donner le meilleur de moi-même et l’envie de revenir le lendemain pour en découdre à nouveau.

Au cours de ma carrière de joueuse, le mur a toujours été un partenaire d’entraînement. Quand je n’avais personne avec qui jouer, j’allais au mur. Quand je ne trouvais pas de joueuse pour m’échauffer avant un match, j’allais au mur. Quand j’avais besoin de retrouver des sensations, j’allais au mur. Quand j’avais besoin de me focaliser sur mon placement et mon replacement, j’allais au mur…

Au cours de ma carrière d’entraîneur, je faisais figure de dinosaure quand j’envoyais un gamin au mur. Les parents me prenaient souvent pour une « has been », ignorants la puissance de cet outil pédagogique qui nous fait gagner un temps précieux dans l’apprentissage d’un sport difficile et exigeant.

mur joueur

Je n’avais aucune technique.

Comment acquérir une technique avec une raquette trop grande et trop lourde pour vous ?
Comment acquérir une technique de base sans les conseils d’un professeur ?
Comment acquérir une tactique de jeu sans avoir la perspective visuelle d’un court de tennis ?
Alors me direz-vous, qu’ai-je pu développer comme aptitudes à cogner des heures et des heures durant contre un mur qui ne me parlait pas et qui me renvoyait inlassablement la balle ?

J’ai simplement appris à développer mes qualités naturelles.

J’ai appris à courir et à me déplacer une raquette à la main, en m’adaptant aux différentes trajectoires de balles que le mur me renvoyait, avec pour seul objectif de les frapper au-dessus de la ligne blanche horizontale : le filet virtuel.

Aujourd’hui, les conditions d’entraînement ont bien changé. La taille des raquettes est adaptée à l’enfant. Les différents types de balles permettent aussi un apprentissage plus facile et plus ludique. Les zones de jeu ont été redéfinies pour les jeunes, le filet est moins haut. Mais si toutes ces mesures sont importantes et bénéfiques, on oublie l’essentiel : laisser l’enfant exprimer ses qualités naturelles.

On oublie aujourd’hui qu’à force d’entraînement dirigé de plus en plus tôt, on formate trop vite les jeunes enfants dans des schémas techniques et tactiques qui gomment leur potentiel naturel.
On oublie qu’au pays de la play-station et des jeux virtuels, la seul terrain qui compte c’est celui qu’on partage avec un copain le temps d’une partie, sans objectif technique, simplement pour le plaisir de jouer et le désir de gagner.

Ce qui manque le plus à l’apprentissage du jeune champion aujourd’hui, c’est peut-être ce mur qui pourrait l’aider à s’exprimer sans le dictat de la technique à tout prix pour qu’il puisse avant toute chose développer ses qualités naturelles.

Il sera toujours temps de corriger…

Expérimenter le placement et le déplacement : avancer, reculer, à droite puis à gauche…
S’adapter aux différentes trajectoires de balles : les hautes, les basses, les bien et les mal frappées, autant de situations de jeu que même un bon professeur ne saurait provoquer.

Aujourd’hui, je suis coach mental. J’accompagne les joueurs et joueuses à gérer leurs émotions, leurs peurs avant et pendant une compétition. Je suis souvent confrontée au manque de confiance en soi avant d’entrer sur le terrain souvent occasionnée par trop de fautes, trop de balles dans le filet pendant l’échauffement, une crispation normale due au stress générer par la compétition. Le simple fait de s’entraîner avant un match contre le mur gomme tout simplement la perception négative que l’on a souvent face à un partenaire. Il vous permet aussi de vous libérer mentalement. Contre le mur, quid de votre adversaire, quid des limites du court, quid du filet… Vous ne pensez qu’à vos sensations. Vous vous connectez avec vous-même. Vous faîtes abstraction des distractions extérieures. Jouer contre le mur vous permet de rentrer dans votre bulle de concentration et de détermination.

Faites du mur pour construire votre jeu et devenir un vrai roc face à vos adversaires !!!

Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

 

 

 

A propos de Brigitte Simon

Joueuse de tennis professionnelle dans les années 80, 36ème joueuse mondiale en 1978, l'année où j'ai atteint les 1/2 finales de Roland Garros, plusieurs fois championne de France et n°1 française, j'aide et j'accompagne les sportifs de tout âge, de tout niveau à réveiller leur potentiel mental pour optimiser leurs performances. Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

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