Sport/Jeunes/parents

Parents / coaching : un jeu d’enfants ?

on

Pourquoi le rôle des parents revêt-il autant d’importance ?

Si le succès d’un programme sportif dépend de la qualité du leadership et de l’engagement des personnes qui l’encadrent, les parents déterminent en priorité le caractère positif ou négatif de l’expérience sportive de l’enfant.

C’est pourquoi le rôle des parents est primordial dans la réussite sportive de l’enfant. Et si on a voulu ces dernières années plutôt écarter les parents du projet sportif pour essayer de canaliser certains excès et comportements abusifs, il est temps de réassocier complètement les parents au projet sportif de leur enfant.

Mais être parent d’un jeune sportif ou d’un champion en herbe n’est pas tâche facile et les erreurs sont tellement faciles à commettre sous prétexte de bien faire que souvent nous faisons du mal à l’enfant et ne l’aidons pas dans son épanouissement et son bien-être. Savoir gérer et coacher un enfant en compétition se révèle parfois compliqué.

Le rôle premier des parents est de déterminer les besoins de l’enfant sur le plan sportif, à examiner les programmes proposés et à choisir ceux qui conviennent le mieux à l’âge et au niveau de l’enfant. Ils doivent aussi être en congruence avec ce que propose l’enseignant puis lui faire confiance pour que son apprentissage soit un plaisir, pour que sa motivation soit toujours à la hauteur de ses objectifs et que les défis proposés soient en adéquation avec ses habilités.

Le plaisir dans le sport est le résultat d’un juste équilibre entre le défi et ses aptitudes.

Et ce rôle là, c’est à l’entraîneur de l’assumer.

Savoir se mettre en retrait par rapport au rôle de l’entraîneur lui faire confiance est souvent plus facile à dire qu’à faire. Pourtant c’est aussi important et primordial que de veiller sur l’épanouissement sportif de son enfant. Il en va de l’apprentissage de son autonomie qui est indispensable à sa construction psychologique, à son bien-être mental.

Et pour que le plaisir soit toujours au rendez-vous et que son bien-être mental soit préservé, je crois qu’il est judicieux de se poser deux questions. Quelles sont les motivations de mon enfant et quelles sont mes propres attentes en tant que parents ?

Pourquoi mon enfant fait-il du sport ? Pourquoi veut-il faire de la compétition ?

Bon nombre d’enfants ne jouent que pour la pratique d’un sport qu’ils aiment et qu’ils ont choisi sans aucunes velléités de compétition. Progresser, s’entraîner, s’amuser avec les copains leur suffit. D’autres, par contre ont le goût de la compétition, le goût du challenge. Mais attention, même si l’enfant est doué pour ce sport qu’il a choisi avec vous, les parents peut-être, il n’a pas forcément envie de s’investir dans la compétition.

C’est pourquoi il est utile de vous interroger sur vos propres attentes. Les parents ont souvent tendance à l’insu de leur plein gré à transférer sur leur enfant un rêve personnel inassouvi, une frustration vécue, un désir patent de réussite sociale via le sport et via leur enfant. Quelles sont vos attentes ? Voulez-vous que votre enfant soit un sportif professionnel ou qu’il pratique un sport pour son épanouissement personnel ? Il ne faut pas que vos ambitions personnelles prennent le pas sur celles de votre enfant. En tous cas, elles doivent grandir et se manifester avec harmonie et en parfaite adéquation avec celles que peut exprimer votre champion en herbe. Chaque réaction, chaque émotion, chaque attitude positive ou négative que vous laisserez paraître sera sujet à interprétation engendrant souvent le même ressenti chez l’enfant. Autant de pression inutile qu’un enfant aura du mal à supporter d’autant plus qu’il fera tout pour vous faire plaisir et refoulera ses propres émotions.

Tous les enfants quand ils jouent veulent gagner.

Mais si le vôtre sent que le résultat est la seule chose qui compte pour vous dans son apprentissage et le développement de ses aptitudes, son plaisir diminuera. Son estime de soi en souffrira. Evitez lui la souffrance de penser qu’il ne vaut rien quand il perd. Même si vous ne le pensez pas, lui risque d’y croire. Apprenez-lui à accepter la défaite et faîtes en sorte que chaque victoire soit vécue avec humilité et ne prenne pas des proportions démesurées.

Je vous propose cette citation tirée d’un poème de R.Kipling qui peut être une grande source d’inspiration.

« Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite hands-1022028__340
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front…»

Sa valeur personnelle ne doit pas se mesurer au gré de ses victoires ou de ses défaites. S’il devient juste un joueur de tennis dans votre famille, il aura du mal à se construire et refusera au fil du temps l’adversité en se cherchant des excuses ou en rejetant la faute sur quelqu’un d’autre. Et ce quelqu’un d’autre pourrait bien être vous.

Parce que les enfants sont des enfants, ne laissons pas les adultes voler le jeu des enfants et le transformer en jeu d’adultes. Un enfant ne pense pas et n’apprend pas comme un adulte. Souvent il pense mieux et apprend mieux ! A condition de le laisser exprimer son talent, ses forces et ses faiblesses, ses émotions et plus que tout sa petite voix intérieure qui faisait dire à Pablo Picasso :

« Dans chaque enfant il y a un artiste ; le problème est de rester un enfant en grandissant. »

Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

 

 

A propos de Brigitte Simon

Joueuse de tennis professionnelle dans les années 80, 36ème joueuse mondiale en 1978, l'année où j'ai atteint les 1/2 finales de Roland Garros, plusieurs fois championne de France et n°1 française, j'aide et j'accompagne les sportifs de tout âge, de tout niveau à réveiller leur potentiel mental pour optimiser leurs performances. Je vous souhaite toutes les plus belles victoires du monde.

Recommended for you

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *